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François Hollande pris en flagrant délit de contradiction

Le premier grand meeting de Marine Le Pen s’est déroulé à Nantes dimanche 26 février. La veille, une manifestation organisée pour empêcher la venue de la candidate du Front National a dégénéré sous l’impulsion de casseurs d’extrême-gauche. Néanmoins, et malgré l’attaque d’autocars de militants et sympathisants, le meeting a connu un très vif succès. Ce qui a eu pour effet de rendre furieux certains observateurs hostiles qui rêvaient d’un échec de la mobilisation.
Dès lors, il aura suffi qu’un commentateur croie déceler matière à controverse dans un paragraphe du discours relatif aux fonctionnaires pour que, dans la foulée, cette pseudo-information soit reprise et copiée par une majorité de « perroquets à carte de presse », selon l’appellation retenue par Yvan Rioufol pour qualifier ses confrères journalistes.

Quelques titres :
« Marine Le Pen menace à demi-mots les fonctionnaires qui enquêtent sur le FN » (L’Express)
« La présidente du FN a mis en garde les hauts fonctionnaires » (Le Monde)
« La candidate du FN qui fustige le système agite la menace à l’encontre des fonctionnaires » (Europe1)

Or, pour se faire une idée exacte, il suffit de relire ce qu’a déclaré Marine Le Pen dans son intervention :
« Je veux dire aux fonctionnaires, à qui un personnel politique aux abois demande d’utiliser les pouvoirs d’Etat pour surveiller les opposants, organiser à leur encontre des persécutions, des coups tordus, ou des cabales d’Etat, de se garder de participer à de telles dérives. Dans quelques semaines, ce pouvoir politique aura été balayé par l’élection. Mais ces fonctionnaires, eux, devront assumer le poids de ces méthodes illégales car elles sont totalement illégales. Ils mettent en jeu leur propre responsabilité. L’Etat que nous voulons sera patriote. »

A écouter les médias, on aurait pu penser que Marine Le Pen avait menacé les infirmières, les enseignants, les personnels administratifs…etc. Or, elle ne s’adressait qu’aux très hauts fonctionnaires qui pourraient utiliser leur fonction à des fins illégales. On est loin, très loin de la mise en garde dénoncée par les idéologues bien-pensants.

Immédiatement, François Hollande qui ne rate aucune occasion de dire une bêtise y est allé de son couplet pour prendre la défense des fonctionnaires supposés offensés. Lors d’une visite au siège du Grand-Orient de France, inédite pour un président en exercice, il a déclaré qu’il n’accepterait « jamais qu’on puisse mettre en cause les fonctionnaires dans notre République au prétexte qu’ils appliquent la loi et qu’ils font en sorte que la justice puisse travailler ».

François Hollande n’est certainement pas le mieux placé pour faire la leçon dans ce domaine. A-t-il oublié que lors de sa campagne électorale de 2012, il avait tenu des propos similaires, voire plus menaçants encore à l’égard des fonctionnaires ?

Le 19 février 2012, il déclarait : « C’est vrai qu’il y a eu un Etat UMP qui s’est installé, c’est vrai que Nicolas Sarkozy - il en a lui-même pris la responsabilité puisqu’il a été ministre de l’Intérieur puis président de la République (...) - a mis un vrai système en place au niveau du ministère de l’Intérieur, avec un certain nombre d’excès dont les tribunaux sont aujourd’hui saisis. Dans la justice aussi il y a eu des nominations de procureurs qui ont été des amis du pouvoir. Eh bien nous aurons, sans qu’il y ait de brutalité, sans qu’il y ait d’excès, à remettre l’Etat républicain à sa place ».
François Hollande avait ajouté sous forme de menace : « Aucun de ceux qui aujourd’hui exercent des responsabilités et qui sont loyaux n’ont à s’inquiéter mais, en revanche, ceux qui sont liés à ce système auront forcément à laisser la place à d’autres ».

Le Président de la République, qui n’est pas à une contradiction près, se ridiculise une seconde fois en quelques jours lorsqu’il affirme :
« Une candidature à l’élection présidentielle n’autorise pas à jeter la suspicion sur le travail des policiers et des juges, à créer un climat de défiance incompatible avec l’esprit de responsabilité et, pire encore, à lancer des accusations extrêmement graves contre la justice et plus largement nos institutions », a déclaré le chef de l’Etat dans un communiqué de l’Elysée.

François Hollande est-il amnésique ? Alors, qu’il relise ses propres déclarations rapportées par les journalistes Davet et Lhomme dans leur livre « Un président ne devrait pas dire ça… ».

« Cette institution, qui est une institution de lâcheté... Parce que c’est quand même ça, tous ces procureurs, tous ces hauts magistrats, on se planque, on joue les vertueux... On n’aime pas le politique. La justice n’aime pas le politique... »

Un Président de la République qui qualifie la justice d’institution de lâcheté n’est certainement pas le plus crédible pour se présenter comme le meilleur défenseur de l’institution judiciaire…

Daniel Philippot
Conseiller régional

http://www.gazette-patriote.com

Publié le jeudi 9 mars 2017

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