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Transports en commun

Quelques chiffres autour des mobilités, des déplacements et des transports en commun dans la Métropole Lilloise.

D’après l’INSEE, près de 2/3 des Lillois utilisent leur voiture, ce qui correspond à un chiffre assez proche de la moyenne nationale (environ 71%). D’après une enquête de la MEL, le chiffre serait de 53%, ce qui demeure élevé. L’objectif de la MEL est de ramener la part de la voiture à 35% en 2020. Mais pour cela il faudra lutter contre des pratiques bien ancrées et qui répondent à quelques réalités statistiques.

Premier constat, l’objectif de la MEL n’est pas réaliste en raison de la sociologie des territoires. En effet, environ 52% de la population lilloise (intra muros) est âgée de moins de 29 ans dont 15,3% ont moins de 15 ans. Ce chiffre cache donc une réalité : les populations ne se logent pas où elles travaillent. Une bonne part des jeunes lillois ont besoin des transports pour se rendre sur leurs lieux d’études (écoles, collèges, lycées, universités) et à l’inverse, de nombreux actifs qui travaillent à Lille vivent en dehors de la ville.

Cette analyse partielle est corroborée par le chiffre suivant. En moyenne, en 2016, les habitants de la métropole effectuent 3,99 déplacements par jour. En arrondissant nous pouvons donc affirmer qu’un habitant fait 4 déplacements par jour et qu’il a donc un besoin de se déplacer qui dépasse les simples « mobilités pendulaires » logement – travail et travail – logement. Il peut s’agir par exemple de conduire un ou plusieurs enfants dans des lieux d’étude différents, de la nécessité d’utiliser son véhicule pour d’autres tâches (faire les courses, visiter un membre de la famille, un ami…).
Derrière ce chiffre de 3,99 déplacements / jours il faut noter que 35% de la population effectuent plus de 4 déplacements par jour dont 11% de la population considérée comme hypermobile (plus de 8 déplacements par jour). Le constat est sans appel, la structuration des mobilités sur la métropole lilloise n’a que peu évolué depuis 2006. La part de l’usage de la voiture est de 57,5% dont 43,5% comme conducteur et 14,2% comme passager, les « deux-roues » motorisés ne représentent qu’1% et le vélo 1,5%. Quant aux transports en commun, ils comptent pour 11% des déplacements soit un point de plus en 10 ans... Les transports en commun de la métropole comptent pour 0,4 déplacements sur un total de 3,99 contre 2,28 pour la voiture (conducteur ou passager).

Les principaux utilisateurs des transports en commun sont les adolescents et les étudiants. La part des transports en commun atteint 25% chez les 11 – 17 ans et 28% chez 18 – 24 ans. Elle est en moyenne de 6% à partir de 25 ans (le plus : 8% chez les 25 – 39 ans ; le moins : 4% chez les 25 – 79 ans). Elle est évidemment dérisoire (3%) chez les moins de 10 ans qui vont à l’école à pied (43%) ou en voiture (51%). Ce qui appuie l’analyse de départ sur l’usage de la voiture pour conduire les enfants à l’école.Mais c’est un tout autre phénomène qui se dégage. L’augmentation de la part modale de la voiture chez les 55 ans et plus est de l’ordre de 25% depuis 10 ans. Le vieillissement de la population conduit, pour des raisons diverses (souplesse, sécurité, tranquillité, problèmes de santé…) à un maintien de l’usage de l’automobile voire à son renforcement. Cela correspond aussi à un héritage issu des Trente Glorieuses et des projets d’aménagement gaullistes qui prévoyaient un avènement d’une forme de « néo-nomadisme », d’une recherche de sécurité et de rapidité ce qui a conduit depuis les années 70 au développement du TGV, de l’aéronautique et des autoroutes. Sécurité et rapidité sont toujours deux éléments qui sont au cœur des préoccupations des usagers et des retraités en particuliers. Par ailleurs le nombre de tués sur les routes a baissé de 60% depuis 2000 malgré une augmentation du trafic routier d’environ 12% sur la même période.

Les actifs avec 70% et les retraités avec 62% sont ceux qui utilisent le plus leur véhicule particulier alors que les jeunes utilisent plus les transports en commun. Mais ce chiffre est à nuancer, les étudiants n’ont pas tous le permis de conduire, ils n’ont pas tous les moyens de faire face aux frais engendrés par un véhicule (achat, entretien, assurance…) et ils ne sont pour certains habitants de la métropole que de façon provisoire. 40% des scolaires jusqu’au BAC vont sur leur lieu d’étude en voiture comme passager, ce qui confirme de nouveau notre analyse de départ. Au total 1/3 des déplacements sont liés au travail ou aux études.

Une politique de transports en commun efficace ne peut donc pas faire l’économie de ce dernier constat. 2/3 des déplacements ne concernent pas les « mouvements pendulaires ». Au contraire. 47% des déplacements sont dus aux loisirs et aux « achats-services ». Or les transports en commun sont marqués par l’insécurité, surtout le soir et ne sont pas toujours pratiques pour ramener ses achats. La marche est d’ailleurs souvent la façon de se déplacer la plus importante après la voiture, allant jusqu’à 40% pour les loisirs ou les études.

Même en soutenant une écologie de conviction comme certains le font au Front National, il faut se rendre à l’évidence, la métropolisation, le coût de l’immobilier, l’éclatement des lieux de vie, d’étude et de travail et le vieillissement de la population vont dans le sens de l’automobile. On peut le déplorer, cela doit donc amener les élus à plus de pragmatisme sur la question des transports et des mobilités. Le pragmatisme est au Front National.

Publié le dimanche 29 janvier 2017

Invitation de Véronique Descamps

STATIONNEMENT PAYANT : AUX BOIS-BLANCS, À FIVES, LA GAUCHE EST TOUJOURS EN MARCHE CONTRE LE PEUPLE !

INSÉCURITÉ À LILLE : CE N’EST PAS LA VIDÉOSURVEILLANCE QUI EST INEFFICACE, C’EST MARTINE AUBRY !